16 février 2010

La sagesse des femmes

Est-ce l’âge, ou le ras-le-bol que je ressens de plus en plus dans ce pays qui est le mien, de constater  que rien ne peut s’y faire simplement ? Que mes compatriotes sont d’une versatilité incommensurable quand ils élisent un Président sur son programme de réformes indispensables, et qu’ils mettent les quatre fers en avant dès qu’il s’agit de les appliquer parce que ça empiète sur leur petit intérêt ? Que les partis politiques, qu’ils soient de droite ou de gauche caressent les citoyens dans le sens du poil avant les élections pour mieux pouvoir les manipuler après ? Que la gauche critique sans cesse la droite, et inversement ? Que sous prétexte de respecter la liberté de chacun, on accorde plus d’égards aux agresseurs qu’aux victimes des agressions ? Qu’on laisse par laxisme ou intérêt bassement politicard des minorités religieuses, toujours au prétexte de la liberté de chacun, vouloir nous imposer leur religion et leur façon de vivre ? Que l’individualisme de plus en plus forcené des Français sur tous les plans les rende aveugles au point de détruire inconsciemment le monde qui les entoure ?   Et que tout cela m’inquiète sérieusement pour les générations futures qui risquent de voir ce beau pays qui est le notre déchiré par des querelles intestines, et voir leur avenir compromis ?...

Bref, tout cela me donne depuis quelque temps des colères internes que j’essaye d’exorciser en les couchant sur le papier. Mais cela me prend tellement la tête que j’en ai oublié hier de passer à ma jolie Québécoise le coup de fil quotidien que lui adresse son chum!!!...Je suis impardonnable. Car –et qu’on me pardonne un certain égoïsme- ces coups de fil ont finalement beaucoup plus d’importance pour nous deux que toutes ces idées moroses qui me viennent à l’esprit et dont j’abreuve ma compagne. Et ma Québécoise préférée, avec raison, m’en a fait le reproche, en me conseillant d’aller m’oxygéner par une marche à pied pour oublier tout cela.

J’ai donc suivi, en bon chum que je suis, ses conseils éclairés. Et bien m’en a fait. Je me suis rendu sur le plateau qui voisine ma résidence et que j’affectionne particulièrement, là où me portent souvent mes errances pédestres, et j’ai marché dans la nature pendant deux heures. J’ai comme d’habitude gravi et descendu les petites buttes qui en parsèment les différents circuits, crapahuté sur ces chemins pierreux, et sali mes brodequins dans la boue qui y règne après les dernières pluies.  J’ai vu la nature commencer à s’éveiller avec des bouquets de fleurs naissantes. Et j’ai surtout passé de longues minutes à contempler les lapins sauvages courir avec insouciance dans tous les sens les uns après les autres, avec comme seul souci le moment présent, dans le silence de cette campagne-forêt où nul chasseur n’apparaissait, et où les pousses de blé tout juste sorties de terre leur offrait le couvert.

Et le miracle c’est opéré encore une fois. Mes idées moroses ont pris le large pendant ces instants de quiétude, et les deux heures sont passées avec une rapidité stupéfiante. Alors je me suis dit que décidément, les femmes ont eu plus de chance que nous, les hommes, dans la distribution de la sagesse et du bon sens. Et que la vie serait peut-être plus simple et agréable sur notre planète si nos dirigeants étaient du sexe féminin.      

Posté par georges1311 à 10:10 - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur La sagesse des femmes

    Prêt à immigrer ?

    Ce post résume merveilleusement la dichotomie et la beauté de la France. Son aspect socio-politique insupportable où, comme tu le dis si bien "rien ne peut s’y faire simplement".

    Mais aussi la beauté et la diversité de ses paysages...

    Alors quoi faire ? Râler en marchant dans les pinèdes ou se féliciter d'un pays pas si mal (le Canada) en des paysages pas si vilains non plus ?

    Immigre, mon père !!

    Posté par CL, 19 mars 2010 à 02:50 | | Répondre
Nouveau commentaire