Apologie

Réflexions sur la presse

27 avril 2009

Sequestrations

Depuis quelque temps on observe des évènements relativement inquiétants : la séquestration des cadres ou des dirigeants d'une entreprise lorsqu'il est question de licenciement du personnel.

On peut concevoir aisément le désarroi des employés qui après plusieurs années passées dans la même entreprise, qui ont donc participé à leur niveau à sa richesse, qui étant âgés ou endettés par l'achat d'un logement, se retrouvent "remercies" (ironiquement c'est l'expression consacrée ) du jour au lendemain en recevant une prime de licenciement ridicule. Car la situation actuelle ne permet pas d'envisager un retour rapide à une activité qui permettrait d'assurer aux personnes licenciées leur subsistance et celle de leur famille. Ce désarroi est d'autant plus important que ces personnes ont souvent le sentiment d'être traitées comme des moins que rien. L'attitude de certaines directions qui refusent le dialogue, et surtout la rapacité des actionnaires pour qui la seule ambition est de gagner de plus en plus d'argent alors que le niveau de vie moyen baisse dangereusement ne prête pas non plus à la sérénité. Et dans ce cas, on peut comprendre le geste souvent désespéré de personnels qui ne voient plus qu'une solution pour être entendus et traités dignement : la séquestration.

Le fait pour un actionnaire de vouloir gagner de l'argent n'est pas honteux en soi, c'est la règle du jeu. Rappelons que les employés sont aussi dans l'entreprise pour en gagner. Chacun sa façon!!... Mais l'actionnaire oublie trop facilement que l'argent qu'il apporte à l'entreprise ne serait rien si le personnel ne participait pas par son travail au succès, donc aux bénéfices de ladite entreprise. Car l'argent honnêtement gagné ne l'est jamais facilement. Si le personnel est dépendant de l'apport financier de l'actionnaire, l'actionnaire, lui, est dépendant du bon travail du personnel, quelle que soit la nationalité de celui ci. Dans ces conditions chacun devrait avoir du respect pour l'autre, ce qui n'est malheureusement pas souvent le cas. Et l'idée de répartir les bénéfices en 3 ; une partie pour les actionnaires, une pour le personnel et une pour les investissements parait séduisante et logique et pourrait participer à l'établissement du respect mutuel . Sous réserve que les parts réparties le soient honnêtement et que l'une ou l'autre ne soit pas défavorisée.

Les délocalisations peuvent s'avérer nécessaires pour augmenter le succès donc la richesse de l'entreprise. Mais le côté négatif, c'est que cela représente pour l'actionnaire une source de revenus immédiats plus importants...à court terme... Mais qu'adviendra-t-il lorsque le niveau de vie des pays où sont délocalisées les fabrications deviendra voisin du nôtre. Et surtout lorsque les acquis sociaux seront identiques ? On dira qu'on a bien le temps d'y arriver, mais cela arrivera indubitablement un jour. Le Japon et la Corée y sont bien parvenus. En attendant l'appât du gain immédiat est en train de détruire tout un pan de l'économie du pays sans que les actionnaires (je parle des importants, pas des petits qui n'ont pas la parole) n'aient d'états d'âme à ce sujet.

Cela étant dit, les mouvements d'humeur de certains personnels, s'ils trouvent une explication dans cet état de fait général, ne peuvent à mon sens être justifiés. S'en prendre à des DRH ou des directeurs qui ne sont après tout que des employés au même titre que ceux qui les séquestrent ne peut qu'aggraver la situation et les relations patronat/ouvriers. Ne parlons pas des syndicats qui ne font généralement rien pour apaiser les choses et se comportent passivement dans des situations qu'ils n'approuvent pas réellement, mais qu'ils récupèrent au nom soit disant de "la défense des employés". En fait, ils jouent souvent sans s'en rendre compte le jeu de certains patrons qui peuvent ne pas voir d'un mauvais œil ces mouvements d'humeur afin de durcir leur position.

Alors espérons que ces mouvements d'humeur compréhensibles ne soient pas suivis dans l'avenir, et cela dans l'intérêt des employés, par d'autres mouvements plus durs. Encore faudrait il établir pour cela des règles plus strictes dans le calcul des dividendes servis aux actionnaires, et répartir les richesses plus équitablement. Je suis partisan d'une économie libre (que les meilleures entreprises gagnent), mais plus règlementée. Mon sentiment profond est que pour qu'une nation soit crédible et solide, il faut un certain degré de compétition interne et externe, et un respect mutuel entre la finance et le travail. Y arriverons nous un jour ?...

Posté par georges1311 à 11:42 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 avril 2009

Le souci de la rentabilité

Comme si le film sur le truand "repenti" dont je parlais dans l'apologie d'un truand n'était pas suffisant, on nous annonce aujourd'hui un autre film sur un autre truand : Madoff pour ne pas le nommer.  Celui là ne maniait pas le pistolet, mais une arme plus silencieuse mais non moins efficace : la connerie de ceux qui croient que l'argent se gagne sans effort. J' avais déjà le pressentiment de la réalisation de ce film qui aura probablement beaucouop de succès .

Du strict point de vue de l'arnaque, le filou en question est d'une autre taille. Il faut dire que les hautes fonctions qu'il occupa jadis et les relations qu'il a pu s'y faire lui ont un tantinet facilité la tache. Et je suis à peu près sûr qu'il s'en trouvera d'aucuns qui lui tireront leur chapeau et le considèreront comme un génie. Le génie de l'arnaque, ce qu'il est. Personnellement je ne serais pas loin de lui décerner la médaille : 50 milliards (même si ce ne sont que des US $ et non des euros), ça inspire le respect !!!... On pourrait dire bien fait pour les dirigeants de banques qui se sont laissés avoir comme des gamins, ceux là même qui vous collent des agios démentiels si vous avez le malheur de vous trouver à découvert de quelques Euros. Mais le malheur, c'est que ces banques ont utilisé l'argent des petits porteurs pour se faire blouser. Et là, ça ne fait plus rire.

Quand même, que doit on penser de ces financiers de haut vol qui détiennent nos deniers et les balancent à tous vents ? Est il encore raisonnable de les laisser diriger leur établissement de la façon dont ils pratiquent ?? Bien sûr, ils vous diront qu'ils n'étaient pas au courant, que ceci , que cela !!!.. Si c'est vrai, c'est grave : un dirigeant qui n'exerce pas de contrôle ne sert à rien. Si c'est faux, c'est aussi grave, et peut-être plus car le doute peut planer sur leur enrichissement personnel, et ça laisse envisager la façon plutôt bizarre qu'ils ont de concevoir leur responsabilité.

J'en viens à me demander si ces dirigeants n'auraient pas été un tout petit peu complices de ce truand de grande envergure. Mais je n'ose l'envisager ...Quoi que?...Espérons toutefois que l'enquête apportera un peu plus d'éclaircissement sur ces malversations. Et surtout que l'argent dont il a profité malhonnêtement, et qui lui a probablement servi à s'acheter quelques pierres (ça au moins c'est sûr, ça ne disparait pas dans les flous des comptes, encore que ...) lui soit repris et soit redistribué aux petits actionnaires qui eux ont fait confiance aux banques.

Ceci étant dit, je me pose aussi des questions sur la moralité des gens du cinéma. Est il vraiment moral de faire un film sur cela ? Même si cet argent est redistribué aux petits porteurs comme on le dit (a voir!!!...), voilà encore un exemple qui peut donner des idées à notre jeunesse. La solution de prélever l'argent sur la fortune de Madoff n'est elle pas plus simple et plus honnête ? Il m'arrive de croire bonne la loi du talion !!! Mais ça rapportera aussi aux producteurs, et le fric aura encore gagné !!!... Et ce truand aura aussi eu son heure de gloire. A quand le bouquin ???...

Posté par georges1311 à 00:06 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 avril 2009

La routine

Le droit de manifester est tout à fait légal, et je dirai même qu'il est nécessaire pour faire entendre les différents courants d'opinions sur tel ou tel évènement touchant à la vie de la cité. Mais il se développe actuellement des habitudes regrettables dans les manifestations populaires qui dégénèrent souvent en bataille rangée avec les forces de l'ordre. Je parle des saccages de rues, des incendies de voiture ou de batiments habités comme cela c'est produit la semaine dernière à la réunion de l'OTAN à Strasbourg où un pompier a failli y laisser la vie.

Comme cet évènement était très médiatisé à cause de la présence d'un grand nombre de chefs d'états, les journalistes de tous bords ont bien sûr montré dans la petite lucarne et dans les journaux les images des débordements de certains manifestants de façon à ce que tout le monde voit comment peuvent se comporter des "pacifistes" qui n'ont pas hésité quelques fois à s'en prendre aux gens de la rue. Cela est lamentable et odieux, tout le monde s'accorde à le dire. Il n'y a donc pas plus à dire à ce sujet. Et que ces soit disant "pacifistes" ne se plaignent pas d'avoir peut-être été un peu bousculés ...

Mais ce qui me choque profondément c'est le silence assourdissant des médias concernant les incendies quotidiens ou presque de voitures par de "pauvres casseurs" dont l'unique but est la destruction du bien d'autrui. J'ai en effet entendu il y a quelque temps un journaliste de la télévision dire d'un ton détaché "qu'il n'y avait eu que x centaines de voitures brulées pendant le week end, ce qui est un week end normal". Comme si cela allait de soi que ces jeunes (ou quelques fois moins jeunes) casseurs s'amusent à ce jeu destructeur pour occuper leurs loisirs payés par les malheureux contribuables qui  subissent les conséquences de ces destructions.

Songe-t-on en effet en voyant ces incendies volontaires de voitures, aux personnes qui ont travaillé dur pour avoir un véhicule qui leur permet de s'évader du train train fatiguant du boulot afin de prendre quelques heures de détente méritée après une semaine de travail, ou pire qui ont besoin de leur véhicule pour aller gagner leur vie et celle de leur famille ??... Alors quand on en arrive à dire qu'il n'y a "que x  centaines de voitures brulées", je craque. Car quand j'étais jeune, j'ai appris à l'école que le bien d'autrui devait être respecté. Il est vrai qu'à l'époque on ne tutoyait pas les instituteurs ou les profs qui savaient se faire respecter par des méthodes peut-être "archaïques", mais sans que les parents y trouvent à redire, et que l'on avait des cours d'éducation civique qui sont maintenant jugés trop ringards.

Même si je dois être catalogué de rétrograde, je dénonce l'indifférence et l'attitude routinière qu'ont les médias pour ces actes de vandalismes gratuits. Je ne pourrais jamais accepter de voir ce genre de chose sans réagir, et surtout de l'entendre à la télé sans que les présentateurs aient seulement un mot de compassion pour les victimes. Mais c'est assurément trop leur demander. Peut-être faudrait-il que ces messieurs subissent une fois dans leur vie ce genre d'atteinte à leur propriété pour comprendre les drames qui peuvent en résulter. Encore que leur salaire leur permet d'accepter ce genre de désagréments en toute sérénité.

Notre siècle est-il si pourri par l'argent ou l'indifférence que l'on en arrive à trouver "normal" que x centaines de voitures appartenant à des gens souvent pauvres soient brulées lors de manifestations ?? Et que l'on dédaigne les victimes à ce point, au profit de la médiatisation de ces casseurs souvent mineurs que l'on relâche aussitôt appréhendés ?? Ou allons nous ??

Posté par georges1311 à 19:43 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 avril 2009

Le taxi de bangkok ...et les autres

C'était en 1975. J'avais atterri tôt le matin à Bangkok, et je devais repartir vers Amsterdam vers 20h00 le soir, soit à observer un standby de près de 11h dans l'aéroport . Comme c'était la première fois que je passais dans ce pays, je décidais de profiter de ce standby pour aller visiter la ville.

Je me présentais donc au service immigration pour obtenir l'autorisation de sortir, autorisation qui me fut dans un premier temps refusée car je ne possédais pas de visa. Mais après une difficile et longue négociation avec le responsable, il consentit finalement à me laisser sortir, sous réserve que j'utilise les services de son cousin taxi. Je fus alors tenté de laisser tomber la visite, mais ayant âprement discuté avec ce responsable, je ne pouvais décemment pas refuser sa proposition et l'aide du fameux cousin, et avec une pensée attristée pour l'avenir de mon porte monnaie, j'embarquais donc dans son taxi.

Nous échangions dans un anglais approximatatif l'un et l'autre, et peu de temps après le départ, j'eus bien sûr droit à une offre de massage thaîlandais que je refusais en prétextant un manque de temps. Mon chauffeur n'insista pas et nous arrivâmes au centre ville.

Ce conducteur connaissait parfaitement la ville et nous commençâmes une visite des plus intéressantes, pendant laquelle mon cousin-guide qui était un bouddhiste convaincu m'expliqua quelques rudiments de cette religion que j'ignorais totalement. Nous passâmes une journée formidable pendant laquelle nous avons déjeuné ensemble et visité les sites les plus remarquables de la ville où je me suis procuré quelques souvenirs à ramener à ma famille. Je dois dire que j'ai appris beaucoup de choses au contact de cet homme.

Pendant la journée, pris par le nouveau, j'avais oublié le côté financier de la balade. Mais sur le chemin du retour je commençais à m'en inquiéter car il ne me restait plus beaucoup de dollars. Arrivé à l'aéroport, avec quelques craintes, je demandais à mon chauffeur combien je lui devais. Il ne répondit pas directement à ma question, mais me dit "mes collègues prennent 100baths" ce qui correspondait à environ 50 francs de l'époque. Comme j'avais apprécié son service et que je voulais le lui exprimer, je lui répondis " Ca c'est pour la course, mais combien pour la visite ? " Et là, je faillis tomber à la renverse par sa réponse "si la visite vous a plu, je suis déjà largement payé !!.." Instantanément m'est venue à l'esprit ce qu'aurait répondu un taxi Parisien ou Newyorkais s'il s'était trouvé dans la même situation, qu'il fut français, américain ou thaïlandais!!!.

Bien évidemment j'ai doublé la somme, ce qui m'a valu des remerciements sans fin qui m'ont mis je dois le dire un peu mal à l'aise. Est ce le fait que cet homme était bouddhiste ou était ce la tradition vis à vis des étrangers, toujours est-il que je n'ai pas oublié cette journée, et surtout son dénouement. Et parfois, moi que l'âge a rendu un tantinet sceptique sur la bonté et convaincu de la vénalité des gens, je me dis qu'il y a finalement de par le monde des gens formidables et désintêréssés qui mériteraient d'être mieux connus.

Posté par georges1311 à 17:02 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

L'apologie d'un truand

Bien que j'aie 68 ans, je ne crois pas être "vieux jeu" comme on dit. Mais peut-être le suis je sans le savoir. Il y a pourtant certaines choses dans ce siècle qui m' insupportent par le mal qu'elles peuvent créer à long terme.

Il y a deux jours vers 8h00 du matin j'écoutais ma radio préférée -france info-que l'on ne peut pourtant pas taxer de radio à sensations. Mais j'ai eu le droit, comme tous ceux qui l'écoutaient à cette heure matinale, à une interview qui m'a profondément choqué. Un repris de justice dont je ne donnerai pas le nom car il ne le mérite pas (mais qui se reconnaitra sans doute ...) et qui se dit repenti (à voir !!!..) a écrit un bouquin (mais est ce bien lui, et pas un nègre ?) sur les 27 ans qu'il a passé en prison avec quelques interruptions qui justifient le titre du bouquin : "ne me libérez pas, je m'en charge". On le dénomme "le roi de l'évasion ", et c'est vrai que ce truand condamné plusieurs fois pour vol à main armée, etc..s'est échappé 5 fois, dont une évasion spectaculaire en hélicoptère qui avait défrayé la chronique en son temps, et dont les médias avaient à l'époque fait leur choux gras. Evasion organisée par sa compagne, qu'il s'est empressé de remercier en en changeant. Belle reconnaissance !!!...Et belle élégance !!!...

Bref, le journaliste qui procédait à l'interview, que je ne connaissais pas sous cet angle, a fait une véritable apologie de ce livre et surtout de son auteur (présumé tel). L'interviewé  bien sûr, d'un ton inspiré comme il sied à un écrivain remarquable, expliquait ses exploits à qui voulait l'entendre.

Quel homme en vérité me disais je en songeant au journaliste de cette chaine réputée sérieuse, et qui l'est !!.. Mais même si je conçois bien que tout le monde ait à vivre,  sacrifier au sensationnel de la rue pour gagner sa croute... !!!... Il faut être ou tombé bien bas, ou n'avoir aucun scupule et aucune humanité pour les personnes agressées par ce truand que je qualifierai de bas étage, même s'il a écrit un bouquin. Ce qui est dans son cas une autre forme de truandage en se faisant "du fric" sur le dos de ceux qui vont l'acheter, et dont je ne serai assurément pas. Mais on a le droit de lire ce que l'on veut !!!...Et les exploits réalisés pour "baiser la police" sont toujours appréciés du peuple. Personne bien sûr ne se plaindra d'un flic tué en opération. Sa femme et ses enfants peut-être, mais qui s'en souciera ??

Voilà un exmple de ce qui me révulse, car ce que retiendra la majorité des gens, c'est la notoriété publique qu'a atteint ce truand en bravant les lois de la société. Bel exemple en vérité pour la jeunesse et que l'on ne s'étonne pas après de l'incivilité de certains !!!.. Je ne remets pas en cause la liberté de la presse, mais il me semble qu'un journaliste normalement constitué devrait avoir assez de cervelle pour penser à ces choses et en tirer les conséquences qui s'imposent. Mais peut-être en effet suis je vieux jeu !!!...

Mais l'appât journalistique du sensationnel est tel que je m'attends un jour à voir monter en épingle un livre écrit par Madof "comment baiser ses concitoyens" par exemple, ou par Fourniret, avec un titre voisin ou l'on aurait remplacé concitoyen par concitoyenne.

Posté par georges1311 à 11:52 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]